La biodiversité inclut toute la diversité du vivant. 

La biodiversité, c’est la variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris les écosystèmes terrestres, marins et aquatiques,ainsi que les complexes écologiques dont ils font partie. 

Elle comprend la diversité au sein des espèces, entre espèces, des écosystèmes ainsi que les interactions entre les organismes vivants. 

La biodiversité connaît un déclin à l'heure actuelle. 

Les experts estiment que 5 à 100 millions d’espèces peuplent notre planète. Pour autant, ils estiment également que le rythme actuel de leur disparition est 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction. Par exemple, 1/3 des oiseaux des campagnes françaises ont disparu en 15 ans.

Les causes de cette « crise » (parfois appelée sixième extinction de masse) sont quasiment exclusivement d’origine humaine. 

Les cinq causes majeures identifiées par l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, l’équivalent du GIEC pour le climat) sont :

  • les modifications d’usages de la terre et de la mer (avec notamment les pertes et la fragmentation des espaces naturels), 
  • L’exploitation directe de certaines espèces (par exemple la surpêche)
  • le changement climatique,
  • les pollutions,
  • la propagation d’espèces exotiques envahissantes (par exemple la Renouée du Japon).

 

Pollution lumineuse

On pense plus rarement aux pollutions lumineuses provoquées par nos éclairages publics, alors que, par exemple, 30 % des vertébrés et 65 % des invertébrés sont en tout ou partie nocturnes. 

De façon non exhaustive, les impacts de la pollution lumineuse sur les espèces et les écosystèmes sont :

  • La perte d’habitat : les espèces dites « lucifuges », c’est-à-dire qui fuient la lumière, abandonnent les habitats éclairés la nuit comme les prairies bordant les bords de route. C’est le cas des vanneaux huppés par exemple.

 

 

  • La fragmentation de l’habitat : les espèces animales et végétales ont besoin, pour vivre, d’espaces adaptés pour leur alimentation, leur repos et leur reproduction. Ces espaces, ou habitats, doivent être reliés entre eux. Or l’éclairage urbain peut constituer une barrière infranchissable au même titre qu’une route par exemple. Les cervidés vont par exemple avoir beaucoup de mal à franchir une route éclairée.

 

 

  • La perturbation des relations proies prédateurs : l’éclairage artificiel peut rendre certaines espèces plus vulnérables à leurs prédateurs. C’est le cas par exemple des insectes attirés par la lumière qui seront la cible privilégiée des prédateurs.
  • La modification des voies de déplacement : c’est le cas notamment des oiseaux migrateurs qui peuvent être détournés de leur route migratoire par des éclairages urbains.

 

 

  • La modification des rythmes biologiques : la plupart des espèces vivantes ont un rythme biologique en rapport avec l’alternance jour – nuit. Si ce rythme est artificiellement modifié, les conséquences peuvent être importantes pour la survie des individus. Par exemple, des arbres constamment éclairés ne perdent plus leur feuillage. Les oiseaux en ville ne faisant plus la différence entre le jour et la nuit peuvent chanter toute la nuit et s’épuiser.
  • La modification de la communication : comme les rythmes biologiques, la communication notamment pendant les périodes de reproduction peut être perturbée par un éclairage artificiel, ce qui perturbera également la reproduction. C’est le cas chez les grenouilles vertes.

 

 

  • L’augmentation de la mortalité : les éclairages nocturnes entraînent une augmentation très importante de la mortalité de certaines espèces comme les insectes, ou comme les oiseaux (collisions dans les vitres). Ceci est d’autant plus important que 65 % de la pollinisation est effectuée par des insectes nocturnes.

 

         Vidéo : Les chauves-souris et l'éclairage nocturne par Éric Petit Directeur de recherche à L'INRAE